Ma plus belle histoire Centre l’Impact de Rivière-Rouge

Sur cette page, vous pouvez lire les textes soumis au jury de Ma plus belle histoire par les élèves du Centre d’éducation des adultes Christ-Roi de Mont-Laurier dans le cadre de l’édition 2019. Ce grand concours provincial d’écriture est organisé depuis 16 ans par la CSQ – FSE – SPEHR.

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Aubut, Nicolas, Centre L’Impact, Rivière-Rouge

Récit de guerre

Je me souviens de la première journée où je me suis engagé dans l’« Air Force ». C’était le 13 novembre 1941, j’étais alors âgé de 19 ans. Après notre court entraînement, ils nous envoyèrent dans une base située près de Paris, où je rencontrai mon escouade. Nous étions 8 dans l’équipe, et l’un de mes coéquipiers devint mon meilleur ami. Il était surnommé « The Killer » à cause du nombre de ses victimes. Nous avions tous des surnoms! Il y avait moi, « Teddybear », il y avait aussi « Johnny 4 eyes » qui devint en 1943 « Johnny no legs » après avoir été abattu en vol, et les autres : The Joker » toujours en train de nous faire rire, « Ace », « Ghost », « Little Fred » et enfin « Spider ». Nous étions tous proches et nous formions une équipe d’enfer. L’« Air Force » nous avait fourni des chasseurs P-51 et on était les maîtres du ciel. La peur était toujours présente et on ne savait jamais si on allait tomber sur une embuscade ou bien tomber dans le cœur de l’action. Beaucoup de gens mouraient et j’ai perdu une bonne partie de mon escouade. C’est de cet événement que j’aimerais vous parler.

Tout se déroula à la fin de 1943. Nous étions une des rares escouades à être encore complète, mais ce jour-là changea nos vies. Nous survolions les côtes de la France où on nous avait rapporté un message de détresse, à une trentaine de kilomètres de la côte. Il était environ 8 heures du matin et je me souviens que c’était assez nuageux. C’est alors que « Johnny 4 Eyes » aperçut un navire ennemi! Des airs, il semblait être seul. De plus, il était endommagé. Alors, nous nous sommes mis en position de combat et nous avons attaqué le navire, mais à notre grande surprise, il n’y avait pas qu’un seul navire, mais une putain d’armée complète! Nous venions de comprendre le message de détresse! Les balles se mirent à siffler autour de nous. « The Joker » et « Spider » attaquèrent les avions ennemis à proximité tandis que moi et les autres nous concentrions sur le navire endommagé. Tout se déroula normalement, jusqu’au moment où quatre avions Heinkel He 116 se pointèrent. C’est à ce moment que je réalisai qu’on était vraiment dans la merde! Je pris de l’altitude et, accompagné de « Little Fred », j’attaquai le premier Heinkel. Tout à coup, un deuxième avion se mit à me tirer dessus! J’entendais siffler les balles autour de nous et une d’elles toucha mon avion. Puis, une douleur soudaine retentit dans ma main droite. Je la regardai et vis du sang ainsi que de la chaire partout. Ce n’était pas très beau à voir! Je fermai les yeux.

Quand je les ouvris quelques secondes plus tard, je ne vis « Little Fred » nulle part. C’est plus tard que j’appris qu’il avait reçu deux balles à la poitrine et qu’il était mort avant même que son avion ne percute l’eau. Mon corps tremblait de partout et je priai pour m’en sortir indemne. Je ne sais pas combien de temps je suis resté là à penser, mais quand je sortis de mes pensées, j’essayai de contacter mes collègues par radio, mais personne ne me répondait. C’est à ce moment que je réalisai que j’étais peut être le seul survivant et si je n’avais pas pris ce temps pour réfléchir… Une rage soudaine me prit : je vis le dernier Heinkel, fis demi-tour et l’attaquai. Je savais que je j’allais sûrement mourir, mais je n’en avais rien à foutre! Je me mis à tirer en direction de l’appareil. J’étais prêt à tout pour l’abattre, même y laisser la vie. Je réussis à bien l’endommager, mais lui aussi, et mon aile droite ne répondait plus. Mon moteur fit des ratés; je ne contrôlais presque plus rien! Je le vis faire demi-tour. Je comptais mes derniers moments quand tout à coup, je vis « Johnny 4 Eyes » se dirigeant droit vers l’ennemi. Une grande explosion éclata. Je vis ensuite les deux appareils disparaitre dans l’océan. Je n’en revenais pas! Mon meilleur ami venait de se sacrifier pour moi! Encore aujourd’hui, je n’en reviens toujours pas!

Quelques jours plus tard, quand les renforts arrivèrent, ils trouvèrent les avions de « Ghost », « The Killer » et « Spider », mais ils ne trouvèrent jamais l’avion de mon ami. « Johnny 4 Eyes » dut se faire amputer les jambes et moi, je perdis ma main droite. « Ace » succomba à ses blessures quelque temps plus tard. L’armée me retourna chez moi. Je ne perdis pas seulement des amis durant cette guerre, mais aussi ma femme et mon fils. Ma femme est partie avec un autre homme. Mon fils, lui, ne sait même pas qui je suis. Aujourd’hui, j’ai 88 ans et je vis seul dans une maison de retraite. J’espère que mon fils pourra lire cette lettre et même, la lire à ses enfants. Je dépéris dans ma chambre, dans ce foyer de merde.

À mon fils Henry, je suis désolé

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 Nicolas Aubut, Centre L’impact, Rivière-Rouge

La brunante

Depuis tout jeune, j'ai des rêves. Comme tout le monde en fait, mais malheureusement, j’ai un problème : je suis d'une différente religion. De nos jours, ceci n'est pas rare, mais ça arrive quand même, ce qui complique la tâche quand vient le temps de me faire des amis. Les gens ne me respectent pas pour qui je suis. C’est pour cette raison j’écris cette lettre.

Je me prénomme Émile et je suis âgée de 14 ans. Mon père m’a abandonné alors que je n’étais âgé que de quelques mois seulement, et ma mère, et bien, elle est morte d'une overdose de cocaïne. Alors je vis chez mes grands-parents. Lorsque j’étais âgé de 8 ans, mes grands-parents et moi avons quitté notre pays natal : Israël. Personnellement, je pense que c'est la pire décision qu'ils aient pris, car les premières années, je n’étais pas populaire et je n'avais presque aucun ami. Ceci dit, l'horreur n'était pas encore commencée. C'est à partir de la 5e année que tout commença à aller mal. En fait, je connu l'intimidation; les autres jeunes me harcelaient sans cesse. Plus ça avançait pire c’était. Au début, c’était des paroles. Par exemple, les gens criaient : « Alerte à la bombe!!! » ou « Retourne chez toi sale traître!!! », ou ils propageaient toutes sortes de rumeurs. À l'âge de 12 ans, je suis tombé en amour avec cette belle jeune fille : Alice. Mais quand je lui ai ouvert mon cœur, elle est partie en courant. Depuis ce jour, les gens me poussent quand je marche dans les couloirs de l’école. Une fois, je suis sorti pour aller boire quand une bande me prit en rogne et commença à me frapper sans aucune raison. Je rentrai le soir en pleurant et m'enfermai dans ma chambre. J’avais si peur, mais mes grands-parents ne semblaient pas comprendre. Je ne voulais parler à aucun professeur de peur que tout n’empire. Alors, à l'âge de 12 ans, je décidai de fuir la réalité en prenant de la drogue. Je n'allais même plus à mes cours. Je sortais pendant la journée pour fumer de l’herbe. Un jour, la police me surpris. J'ai été chanceux, car ils ne me donnèrent qu’un avertissement. Je fus aussi grondé par mes grands-parents et puni pendant un bon bout de temps.

Les élèves apprirent cela et propagèrent encore plus de rumeurs. Presque 2 ans après, j'en entends encore parler. Je suis fatigué de toutes ces rumeurs! Je n'en peux plus! Je dois être le seul à qui ça arrive! Je ne sais plus quoi penser… Tout le monde me déteste et je sais aujourd’hui que mes rêves ne se réaliseront jamais. En fait, aucun rêve ne va se réaliser. J’écris ce mot d'adieu aux rares personnes qui m'apprécient pour qui je suis vraiment. Et pas la personne des rumeurs que je suis à l'école. Grand-maman, pépère, je suis désolé, mais dites-vous que même si je ne réussis pas à réaliser mes rêves, je vais rejoindre maman dans un monde meilleur. Ne soyez pas fâchés. Et pour ceux qui ont causé ma mort, j’espère que vous serez punis! Alors, je vous dis : adieu.

Pour tous les enfants et adultes qui se sont suicidés depuis les dernières années, nous pensons à vous. Ce qui vous est arrivé est inacceptable et votre mort ne sera pas oubliée.

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Karolan Bourassa, Centre l’Impact, Rivière-Rouge

«Ils vécurent heureux…» J’aurais aimé que ça soit vrai

Je n’ai pas décidé de tomber en amour avec toi, je n’ai pas décidé de tomber sous ton charme. Je n’ai pas décidé, je n’ai rien décidé et c’est ça le problème. Je n’ai pas voulu tomber en amour avec toi; c’est mon cœur qui l'a voulu et maintenant je suis prise. Je suis prise avec l’inquiétude, le manque de toi, le manque de ta chaleur, de tes bras, de tes câlins. J’en peux plus! Pourquoi est-ce que je suis tombée amoureuse du beau grand châtain populaire de l’école? Je n’aurais pas pu aimer le petit aux cheveux noirs, "full" intello, qui ne se concentre que sur ses maudites mathématiques? Ben non, il a fallu que ça tombe sur toi! Tu sais, quand ton regard a croisé le mien mon cœur a fait cinq mille tours, mon ventre s'est mis à se serrer, mes mains sont devenues moites, mes yeux pétillaient. Plus les jours avançaient et pire c’était; j’avais besoin de toi. J’avais besoin que tu sois à moi, que tu me donnes au moins une nuit dans tes bras, la tête sur ton torse.

Tu es venu me parler, me voir en classe une fois, puis une deuxième fois, et un jour, tu es venu à tous mes cours. Tu venais me reconduire en me rappelant que tu voulais ton fameux câlin, celui me faisait tant vibrer, celui que tu m’offrais, là, sous les escaliers, à quatre heures de l’après-midi lorsque la cloche arrêtait de sonner et que plus personne ne se promenait dans l’école. Je venais te retrouver dans cette cachette. On avait l’habitude d’y aller depuis déjà un bon trois semaines. Insouciante et naïve, je croyais que ton regard était aussi sincère que le mien. Je croyais que la force de tes câlins était la force de l’amour que tu éprouvais pour moi à ce moment-là.

Puis, le jour est arrivé où j’avais pris la décision de m’éloigner de toi, de mes amis et de mes habitudes pour aller retrouver quelqu’un que je croyais beaucoup plus sincère que toi. Toi, qui me faisais croire que j’étais tienne quand dans le fond, je n’étais qu’une énorme distraction que tu croyais aimer. Je suis partie et tout s’est arrêté. Je vais t’avouer que la perte de tes bras, de ton regard et de ton sourire m’a contaminée comme la peste. Pendant tout le temps où j’étais loin de toi, tu hantais mes pensées, tu étais toujours là, pas très loin, dans ma tête. Tu t’es repointé le nez l’hiver suivant comme si de rien n’était, avec ton sourire qui me faisait tellement craquer. Tu es venu rechercher ce qui, soi-disant, t’appartenait. Tu n’en avais rien à battre de ce que je pouvais ressentir. Tout ce que tu faisais c’était pour ton plaisir à toi, jusqu’au jour où tu as réalisé que de jouer au mauvais garçon ne t’apportait rien d’autre que deux fois plus de problèmes.

Malgré tous les moments que j’ai passés à pleurer toutes les larmes de mon corps, je t’ai toujours autant dans la peau. Peut-être pas autant qu’avant, mais assez pour retourner parfois en dessous des escaliers après le son de la dernière cloche.

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Karolan Bourassa, Centre l’Impact, Rivière-Rouge

La souffrance donne des ailes

Il y a déjà trois ans de cela. Trois ans qui se sont écoulés. Trois années entre ma vie et ma mort. J’y repense et je me demande encore comment cela m’est arrivé. La vie c’est comme un ring de boxe : tu manges des coups en pleine gueule. Parfois tu arrives à te relever du tapis et parfois tu y restes étendu de tout ton long.

Cette nuit du vingt-sept janvier deux mille seize à exactement onze heures et demie, je suis restée au tapis. Je n’arrivais plus à me relever, ma respiration devenait de plus en plus faible et de moins en moins prononcée. Je souffrais, je souffrais de tout mon être. Je n’en pouvais plus. Ça y était : mon heure y était aussi. Couchée sur mon lit d’hôpital, je disais au revoir à mes parents, à mes amis et à tous ceux qui comptaient pour moi. Mes yeux étaient lourds, mon corps aussi et toute mon âme... Mes yeux se sont fermés et mon cœur s’est éteint en même temps.

Le lendemain matin suivant ma mort, mes yeux se sont ouverts, mon cœur pompait et mon âme était en vie. Mais que s’était-il passé? Pourtant, je m’étais préparée à mon départ, j’avais fait mes adieux et j’y avais pris goût même. Tant de souffrance qui s’en allait. Pourquoi mon cœur battait-il encore? Pourquoi la vie m’offrait-elle une deuxième chance? Une chance de respirer encore une fois? Jamais je n’ai trouvé de réponse à ces questions-là. J’aurais aimé vous dire qu’à mon réveil j’étais heureuse de retrouver ceux que j’aime. J’aurais tellement aimé vous dire que j’avais un sourire accroché aux lèvres, mais je ne peux pas… Je souffre, je souffre encore plus que cette nuit du vingt-sept janvier. Vivre avec cette maladie c’est pire que tout, me lever le matin et sourire ne m’est pas facile. Je voudrais vous dire que je me suis relevée de cette nuit-là, mais elle me hante encore plus chaque jour.

Au même moment où je vous écris cela, mes idées se brouillent et mon corps frissonne. Repenser à toute cette expérience si triste, mais si inspirante à la fois, me donne envie de continuer de me battre malgré tout. On dit que rien n’arrive pour rien et je crois que cela m’a seulement permis de prendre conscience que la vie ne tient qu’à un fils et qu’elle mérite d’être vécue. Dieu donne ses plus durs combats à ses plus forts soldats. Je crois qu’on a tous un petit soldat à l’intérieur de nous qui est prêt à nous tendre la main et nous tirer vers le haut. Oui, j’ai encore mal à cause de cet évènement. Oui, j’en souffre tous les jours, mais ça me permet d’être qui je suis. La vie est surement la plus belle chose au monde.

Je suis sur Terre parce que ma mission n’est pas achevée. Je suis encore sur Terre pour comprendre que la vie… Que la vie c’est ta plus belle histoire et ma mort a été la mienne.

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Kimberley Forget, Centre l’Impact, Rivière-Rouge

L’avortement est-il une solution?

La pilule, les condoms ou encore le stérilet sont tous de bons moyens de contraception pour la femme, mais on sait parfois qu’il peut y avoir une faille. Rien n’est garanti à 100 % et, par le fait même, des accidents peuvent arriver. Quand il est trop tard et qu’elle apprend qu’elle est enceinte, un seul moyen peut être envisagé : l’avortement. Un avortement est une interruption volontaire de grossesse (IVG). Ce sujet qui, depuis toujours, est une controverse est l’une des seules solutions lorsque l’on décide de ne pas devenir mère. Selon vous, l’avortement est-il une solution? Personnellement, je crois que l’avortement peut être une solution, mais il ne faut pas le tenir pour acquis comme moyen de contraception.

D’abord, il faut savoir que l’avortement peut s’avérer une solution lorsque la grossesse met la vie de la femme en danger, à la suite de certaines complications. Je crois aussi qu’il faut généraliser quand on parle de danger pour la vie de la femme.

En effet, comme dans certains pays où l’avortement est encore aujourd’hui illégal, la sécurité de la femme et de l’enfant est compromise. Lorsque le fœtus est en danger, c’est-à-dire lorsqu’il existe un risque important que l’enfant soit atteint de malformations physiques ou d’altérations psychologiques importantes, ou encore lorsque les conditions de vie que pourrait entraîner la naissance risquent de mettre en danger la santé physique ou psychologique de la mère. L’avortement devrait être toléré et, à mon avis, considéré comme le choix le plus logique.

Ensuite, l’avortement peut être justifié quand la grossesse est considérée comme étant la conséquence d’un viol ou de rapports sexuels incestueux. Il est évident qu’il serait difficile, voire impossible pour une femme, de porter, puis de vivre avec l’enfant de son agresseur. Effectivement, des études ont montré que la mère pourrait faire face à des troubles d’attachement envers son enfant et qu’elle pourrait considérer cet enfant comme le résultat de son agression. Il est encore une fois évident que l’avortement peut être très utile dans ce genre de scénario.

Ajoutons aussi que, pour des raisons sociales, par exemple la femme est trop jeune ou pas assez mature, ou encore pour des raisons économiques, il peut être préférable d’envisager l’avortement. En effet, à mon avis, il vaut mieux y penser dans le cas où la future mère ne se sente pas prête à assumer toutes ces nouvelles responsabilités ou encore lorsque sa qualité de vie n’est pas suffisante. Il vaut mieux envisager l’avortement au lieu d’avoir un enfant dont elle ne pourra pas s’occuper.

Certains diront que l’avortement est un crime en soi, qu’il est le meurtre d’un être humain. Au contraire, je crois, plutôt que l’avortement est nécessaire dans des cas spécifiques pour la santé de la mère et, par-dessus tout, pour celle de l’enfant qui pourrait vivre dans des conditions plus ou moins favorables.

Depuis 1976 et jusqu’à aujourd’hui, au Québec, le taux d’interruption volontaire de grossesse n’a jamais vraiment cessé d’évoluer. Voici quelques faits saillants démontrant l’évolution du taux d’IVG. En 2010, par rapport à 1976, le taux d’interruption volontaire de grossesse (IVG) est plus élevé dans tous les groupes d’âge. De 1976 à 2010, les femmes âgées de 20 à 24 ans présentent le taux d’IVG le plus élevé. Les femmes de ce groupe d’âge ont aussi connu la plus importante augmentation de taux d’IVG, soit une augmentation de 24,0 interruptions pour 1000 femmes. Depuis les années 2000, on observe une tendance à la baisse du taux d’IVG chez les femmes des groupes d’âge de 15 à 34 ans et une légère hausse chez les femmes des groupes de 35 à 44 ans. Le groupe des 10 à 14 ans est demeuré stable depuis 1976, à environ 0,5 IVG pour 1000 filles.

Tout compte fait, je continue de croire que l’avortement est la solution la plus logique dans certains cas. Je crois aussi que les pays qui n’ont pas encore décriminalisé l’avortement devraient y réfléchir, parce qu’aujourd’hui, en 2018, la femme doit avoir le droit de faire ce qui lui semble le plus logique pour sa vie. Au Québec, l’avortement est un acte médical légal donc, aucune loi ne devrait obliger une personne à garder un enfant qui n’est pas voulu ou qui pourrait détruire la vie de la mère. Souhaitons qu’un jour, les gouvernements prennent les mesures nécessaires pour laisser le libre choix à la future mère.

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Louis-Alexandre Parent-Guérard, Centre L’Impact, Rivière-Rouge

Une langue vivante

Cette langue a un passé ancré dans son accent, une histoire qui est vraisemblable, l’expérience d’hommes et femmes qui se sont dévoués aux droits de notre province sans penser à eux-mêmes. Ils se sont battus et débattus contre leurs oppresseurs, quels qu’ils soient, pour que vous, le lecteur, puissiez comprendre cette langue complexe si différente de celle d’outre-mer. De l’arrivée de Jacques Cartier à l’implication de la Charte de la langue française, ce texte essaiera de vous informer sur ce que je crois être les évènements les plus beaux et les plus inspirants. Ceux-ci auront comme mission de conserver la francophonie canadienne et de présenter leurs impacts sur les générations.

Le français dans la tempête
L’arrivée des Français menés par Jacques Cartier en 1534 ne fut pas le plus bel évènement pour un monde qui était sans aucun doute plus paisible qu’aujourd’hui. Hors de tout doute, plusieurs personnes, dont moi-même, pourraient justifier ce qui s’est produit en expliquant que quiconque aurait mis les pieds sur ces terres et aurait eu le même fardeau sur les bras n’aurait jamais décidé de quitter ce Nouveau Monde. Des villes et des forts d’origines françaises virent le jour au nom de la Nouvelle-France dans les cent années suivant la troisième et la dernière arrivée de Jacques Cartier en 1542. La ville de Tadoussac fut la première à naître en 1600. La ville de La Nouvelle-Orléans fut la plus lointaine du continent d’Amérique du Nord, elle est aujourd’hui située en Louisiane aux États-Unis. La France abandonna sa colonie à la Grande-Bretagne durant la guerre de Sept Ans qui s’est terminée en 1763 par la signature du traité de Paris. Depuis ce jour, l’Acte de Québec fut en préparation pour la « Province of Québec », celui-ci favorisa la province à partir de 1774. Bien sûr, son implémentation mit cet état conquis par la Grande-Bretagne en colère : les 13 colonies ne se laissèrent pas faire et se rebellèrent contre leurs oppresseurs. Ils essayèrent d’intimider le Québec dans leur première rébellion, mais cela ne fonctionna pas et nous restâmes majoritairement hors de ce conflit. L’acte de Versailles termina la guerre et sépara la « Province of Québec » : les « neutres » qui croyaient que celle-ci ne leur appartient pas, les loyalistes qui se rangèrent du côté de Sa Majesté et finalement les rebelles qui assistèrent les colonies. Ces nouvelles lois donnèrent naissance aux États-Unis. La dernière étape de cette histoire est la création de l’acte constitutionnel, divisant la province en deux territoires : le Haut-Canada qui était majoritairement anglais et le Bas-Canada, reconnu comme un État français et anglais. Ceux-ci sont les ancêtres de l’Ontario et du Québec respectivement, mais ils n’ont pas du tout la même superficie qu’aujourd’hui.

Patriotisme contre assimilation
En 1837, une rébellion s’approcha à grands : la guerre des patriotes. Les Franco-Britanniques eurent la vie dure, car ceux-ci étaient considérés sans aucune culture. Il y eut quelques rassemblements paisibles de protestation au départ. La Grande-Bretagne les déclara illégaux et les soldats britanniques commencèrent à emprisonner ou exiler les rebelles français. L’insurrection fut officielle. Les batailles jaillirent de tous côtés et les Français en gagnèrent peu si on les compare aux troupes de Sa Majesté. Plusieurs furent tués dans le feu de l’action, emprisonnés ou déportés aux États-Unis ou en Australie, mais en bannissant autant de Français, un deuxième coup de tonnerre se préparait. En 1838, après une accalmie, une petite armée d’exilés québécois unis et quelques sympathisants américains tentèrent de combattre les Britanniques. Ces attaques eurent très peu de succès pour les Canadiens français et firent beaucoup de victimes jusqu’à la fin à des affrontements. Malgré tout, le patriotisme resta dans le cœur du peuple. À ce moment, une tentative de « noyade de culture » fut proposée au conseil du Haut-Canada. Celle-ci fut émise par un homme appelé John George Lambton, mieux connu sous le titre de lord Durham. Envoyé par la Grande-Bretagne, il avait pour mission de préparer un rapport sur les tensions dans la colonie. Au départ, son idée d’unir les deux Canadas fut refusée, mais en 1841, l’acte d’Union fut accepté et effectif : le Bas-Canada et le Haut-Canada formèrent le Canada-Uni. À partir de 1867, le pays que vous connaissez aujourd’hui vit le jour : deux territoires déjà établis joignirent leurs forces aux provinces du Québec et de l’Ontario : le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Ces quatre États constituèrent un dominion appelé Canada. Tous ces évènements développèrent une peur chez les Canadiens français, car ils étaient noyés dans un océan anglais.

Si un bateau est pris en pleine tempête, son équipage s’accrochera et tiendra bon. Le capitaine donnera les ordres nécessaires à ses matelots pour la survie du navire. C’est exactement ce qui se produisit pour notre magnifique province grâce aux quelques pouvoirs que nous avions. Maurice Duplessis, Robert Bourassa et René Lévesque, par exemple, ont défendu nos droits avec ardeur. La loi 22 fut une énorme étape à franchir pour la reconnaissance de notre propre langue. Elle définit le français comme langue officielle du Québec. La loi 101 déclara que l’État serait dorénavant français, ce qui veut dire que l’école, la télévision québécoise, les publicités et les services divers pouvaient tous être offerts en français. Aujourd’hui, tout ce que nous voyons est un ensemble de succès, de persévérance unique et de fierté. Nous avions notre culture depuis le départ : le patriotisme.

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Chanel Rudacovitch-Lépine, Centre l’Impact Rivière-Rouge

XXVIII-XI-MMXVII

Tout a commencé parce que je ne connaissais pas un jeu. Tu es venu m’aider pour que je le comprenne mieux, mais sans succès. On s’appelait tous les jours pour se parler un peu de notre journée. À un moment donné, plus tard dans notre relation d’amis, on a décidé d’aller un peu plus loin. On s’est fréquenté, mais ça n’a pas fonctionné : on était mieux comme amis que comme amoureux. On avait arrêté de se parler à cause dune chicane banale. Quatre mois passés, on a recommencé à se parler. Après, jai été menacée de mort. Toi, tu ne l’as pas bien pris. Tu me disais souvent : « Pourquoi tout le monde t’en veut? Tu n’as rien fait de mal à personne. » Je te répondais : « Parce que ma vie, elle est comme ça. On ne peut pas la changer. » Un bon matin, tu m’as demandé comment serait ma vie si tu n’en faisais plus partie. « Arrête tes conneries, » j’ai dit. Je ne m’étais pas faite à lidée que tu pouvais être sérieux. Le 27 novembre, on a passé la soirée ensemble avec des amis. J’ai suggéré d’aller au cinéma et tout le monde trouvait que c’était une bonne idée. Après le film, j’ai salué tout le monde. Je t’ai dit : « On se voit demain! » Je ne savais pas qu’il n’y aurait pas de lendemain pour toi.

Le 28 novembre, jai reçu un appel masqué : c’était la police. Le policier voulait me rencontrer pour me parler. Deux heures plus tard, il est venu me chercher. On a roulé vers Mont-Laurier et on s’est arrêté devant ta maison. J’ai vite constaque ça n’était pas un bon signe. J’ai vu ton sang partout sur le sol, autour de toi. Tu avais laissé une lettre d’excuse à ta mère, une autre à une de tes amies et une dernière pour moi. Tu me disais que tu étais désolé, mais que ta vie n’était pas facile et qu’il avait des gens qui voulaient te tuer. Dans le fond, tu as réglé ça à ta façon.

Il faut stopper l’intimidation. Je ne sais pas pourquoi les gens font ça. Peut-être pour se sentir meilleur? Pourtant, ça détruit beaucoup de vies et de personnes. Se faire dire « Hey, t’es pas mort encore? » ou « T’es pas morte, toi? », c’est dur. Et ça l’est encore plus de passer par-dessus. L’individu qui dit ces mots ne connait pas la vie de sa victime. Son existence est peut-être plus difficile qu’elle paraît parce qu’on est tous différents. Cet individu ne le sait peut-être pas, mais peut-être que ses paroles viennent de faire résonner un son de cloche qui n’annonce rien de bon : le son du glas pour quelqu’un d’autre.

Je me souviens que tu m’avais dit de ne pas pleurer si jamais tu ne faisais plus partie de ma vie. Cela va faire bientôt un an que tu es parti. Il y a un vide quelque part en moi que personne n’est capable de remplir, sauf toi. Mais tu n’es plus là. Je sais qu’on finira par se revoir, là, en haut. Mais maintenant, je comprends aussi que le suicide n’apporte rien sauf une peine très profonde pour nos proches.

Conception Alain Tremblay | Réalisation Katy Harrouart | Tous droits réservés. 2015.